Vendredi 14 octobre 2011 à 18 h, un canon de marine et son
affût seront inaugurés sur le terre-plein situé à l’angle des rues du
Pont-Brûlé et du Docteur Calmette à Matignon. Les membres de l’association et
la population sont cordialement invités à cette inauguration.
Origine et description du canon
Il y a plusieurs années ce canon a été repêché en baie de la Fresnaye par un
marin pêcheur de Saint-Cast, Pascal Perrée, qui l’a remis à l’association les
Amis du Passé en Pays de Matignon. Gaby Hamon, garagiste, l’a chargé sur un
camion avec l’aide de Daniel Serge, de Ruca, et déposé dans les services
techniques de la Ville.
En 2007, l’association a obtenu du DRASSM (Département des recherches
archéologiques subaquatiques et sous-marines) l’autorisation de l’exposer à
Matignon.
Il s’agit d’un canon de marine en fonte de fer, d’origine française, de calibre
6, datant du début du 18ème siècle (vers 1700-1720) pesant environ 800 kg lors
de sa fabrication. Il était destiné à tirer des boulets de 6 livres soit un peu
moins de 3 kg.
Son histoire
Le 15 janvier 1758, le navire corsaire « Hélène » après avoir
perdu une partie de ses agrès au cours d’une tempête, sombra sur des rochers
près de la plage de la Mare dans la baie de la Fresnaye. Il n’y eut aucun
survivant sur un équipage de 207 marins. Les corps rejetés par la mer furent
inhumés dans le cimetière de Saint-Cast. Son armateur qui était de Saint-Malo,
se nommait Pitot et son capitaine Nicolas Jean Macé.
Le canon repêché proviendrait de ce « corsaire » qui possédait un
armement de 20 canons de ce type.
Les capitaines des navires corsaires recevaient des « lettres de
course » signées de leur gouvernement (en l’occurrence le roi de France)
qui les autorisaient à arraisonner des navires de pays en guerre. Les bateaux
capturés et leurs cargaisons étaient ensuite vendus aux enchères et le produit
partagé entre les finances de l’État, l’armateur, le capitaine et l’équipage
après une procédure stricte :
Le capitaine corsaire déposait à l'Amirauté son rapport de mer. Personne
n'avait le droit de descendre à terre avant que les officiers d'administration
n'aient dressé le procès verbal d'inspection du navire et apposé leurs scellés
sur les écoutilles pour empêcher que des parties du butin ne soient débarquées
subrepticement. Ils interrogeaient ensuite les prisonniers et les menaient vers
les prisons de la ville. Alors seulement, l'équipage pouvait quitter le navire
et attendait le verdict du Tribunal des Prises. Ce tribunal statuait sur la
légitimité des captures. La prise devait avoir été faite selon les lois de la
guerre. En cas de forfaiture, traîtrise ou absence de lettre de course, le
navire était rendu à ses armateurs. Ce n'est qu'une fois le jugement délivré
qu'il pouvait être procédé à la vente de la cargaison.
Le maniement de ce type de canon
Il fallait 5 servants par canon dont le « chef de pièce ». Pour un tir
de boulet, on devait effectuer les opérations suivantes :
- introduire la gargousse (sac contenant la poudre) dans le canon,
- mettre en place le valet (bourre faite de vieux cordages) et le boulet,
- tasser avec le refouloir (cylindre en bois avec un long manche)
- mettre la pièce en batterie en tirant sur les palans,
- crever la gargousse par la lumière située au fond du canon avec un
dégorgeoir,
- verser une amorce de poudre dans la lumière à l’aide d’une corne,
- pointer pour tirer « à couler ou à démâter » en utilisant une cale
en bois appelée coin de mire,
- au commandement, mettre à feux à l’aide du boutefeu.
Les travaux effectués pour sa conservation et son exposition
Le canon a d’abord subi un sablage et une métallisation exécutés par
l’entreprise Piton de Plancoët afin d’arrêter la progression de la rouille.
L’association, s’est ensuite chargée de passer deux couches d’apprêt et deux
couches de peinture noire.
L’affût a été réalisé et offert par l’entreprise de menuiserie Edouard
Perroquin, à Saint-Pôtan. Sa couleur rouge est celle qui était utilisée
autrefois par la Marine royale sur les navires. Toutes les pièces métalliques
ont été fabriquées par Jean-Claude Chenu, ferronnier à Matignon qui a offert le
support du panneau explicatif.
Les services de la commune ont procédé à l’installation du canon sur son affût
ainsi qu’à la mise en valeur de son environnement.
L’association « Les Amis du passé en Pays de
Matignon » remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont œuvré
pour permettre d’exposer ce canon à Matignon.